Sabes? La identidad me sumerge en un estado de estupefacción radial /
debería bastarme una bandera o el nombre de una ciudad o los apellidos de una familia o las historias de un pueblo o habitar desde un libro sagrado / pero en esos lugares matrices el deseo de la búsqueda no desaparece /
Recuerdo que en nuestras conversaciones no hubo decretos sobre mi destino / ni mandatos trascendentales / me habéis regado como hijo-planta y todo va desenrrollándose desde semilla a flor
Sabes? Ahora cabalgo con mis raíces colgando /
un territorio donde mis pilotes puedan hundirse en el fango, calmará mi angustia? / un cuerpo tibio que responde al placer con gemidos ?/ una mano dispuesta a deslizarse por tu pelo negro y tu piel morena ? / una voz de reproches sensatos? / la gracia estridente de una broma que vuelve con su eco de carcajadas?
para asir esta ternura sanadora, me dicen, hay que detenerse / jugar al constructor de futuros / escuchar tu más profundo deseo, transformarlo en piedra, y dejarla caer en un trozo de tierra yerma /
–
Tu sais ? L’identité me plonge dans un état de stupéfaction radiale /
une bannière devrait peut-être me suffire, ou le nom d’une ville, ou les noms de famille , ou les histoires d’un village, ou habiter à partir d’un livre sacré / mais dans ces lieux matriciels, le désir de chercher ne disparaît pas /
Je me souviens que, dans nos conversations, il n’y a jamais eu de décrets sur mon destin / ni de commandements transcendants / vous m’avez arrosé comme on arrose une plante-enfant, et tout se déploie peu à peu, de la graine à la fleur /
Tu sais ? Maintenant je chevauche avec mes racines qui pendent dans le vide /
un territoire où mes pilotis pourraient s’enfoncer dans la boue, est-ce que ça apaiserait mon angoisse ? / un corps chaud qui répond au plaisir par des gémissements ? / une main prête à glisser dans tes cheveux noirs et sur ta peau brune ? / une voix pleine de reproches sensés ? / la grâce stridente d’une blague qui revient avec son écho de rires ?
pour saisir cette tendresse qui guérit, me dit-on, il faut s’arrêter / jouer à bâtir des futurs / écouter ton désir le plus profond, le transformer en pierre, et la laisser tomber sur un bout de terre aride /

Deja una respuesta