¿Es la hora de la revolución, viejo reloj ? A cada paso la poesía desborda la manifestación que inunda el Sena, la ira nace en la ribera izquierda y sube hasta la estatua de Napoleón viril y arrogante sobre su caballo de hierro; entre las gentes de a pié, hay quienes hacen la revolución danzando, como si escribiesen en el viento sus revindicaciones; hay quienes fotografían, graban y dan entrevistas, porque hoy la palabra dardo y la protesta grito viaja llena de energía hasta la mesa servida de los poderosos; hay quienes pedalean para cambiar un poco el mundo aunque se les desencaje la cadena al final de cada mes; me gusta observar las banderas fluorecentes como antorchas en llamas, cada consigna ondula por la brisa Normanda para un país del mañana; me gusta detenerme, en la apurada indiferencia de quién va atrasado al trabajo, en quien va a tomarse un café en la terraza pero que no puede olvidar el eco de la marcha que se aloja en su corazón; ah, ¿y has el amor de padre o de madre que sale a la calle con un cochecito a cantar ça va pété, ça va pété por los que aún no pueden hablar y por quienes marchan en el vientre de sus madres? Y luego la ira revolucionaria se evapora bajo el calor otoñal de un medio día, porque tenemos el hambre del que marcha por el futuro, y tenemos la sed del que sufre injusticias.
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La manif!
L’heure de la révolution a-t-elle sonné, Gros-Horloge ? À chaque pas, la poésie déborde de la manifestation qui inonde la Seine ; la colère naît sur la rive gauche et monte jusqu’à la statue de Napoléon, viril et arrogant, sur son cheval de fer ; parmi les gens à pied, certains font la révolution en dansant, comme s’ils écrivaient leurs revendications dans le vent ; il y en a qui photographient, filment et accordent des interviews, car aujourd’hui, la parole, telle un dard, et la révolte, tel un cri, voyagent pleines de force électromagnétique jusqu’à la table dressée des puissants ; il y en a qui pédalent pour changer un peu le monde, même si leur chaîne se déraille à la fin de chaque mois ; j’aime observer les drapeaux fluorescents tels des torches enflammées, chaque slogan ondulant dans la brise normande pour un pays de demain ; j’aime m’arrêter, dans l’indifférence pressée de celui qui est en retard au travail, de celui qui va prendre un café en terrasse mais qui ne peut oublier l’écho de la marche qui résonne dans son cœur ; ah, et que dire de l’amour d’un père ou d’une mère qui descend dans la rue avec une poussette pour chanter ça va pété, ça va pété pour ceux qui ne peuvent pas encore parler et pour ceux qui marchent dans le ventre de leur mère. Puis la colère révolutionnaire s’endorme sous la chaleur tendre et automnale d’un midi, car nous avons la faim de celui qui marche pour l’avenir, et nous avons la soif de celui qui subit des injustices.

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